La ville de Safi s’apprête à vivre dans la joie et la ferveur la fête du sacrifice. Aid el kibir est une fête religieuse hautement sacrée qui, d’habitude célébré dans le monde musulman tous les ans, le 10 du mois de dilhija. Elle intervient en concomitance avec le rituel du pèlerinage dans les lieux saints, le cinquième précepte fondamental de l’islam. La célébration de cette fête s’illustre partout dans le monde musulman par l’achat et l’immolation de moutons, et ce, comme prévu par le saint coran. Presque toutes les familles marocaines respectent strictement cette fête et célèbrent ce rituel y compris même les foyers les plus pauvres. Cependant, il convient d’indiquer que cette fête religieuse possède plusieurs effets dont certains sont positifs et d’autres négatifs.
Parmi les points positifs, on peut tout d’abord citer l’impact économique. En effet, la fête agit directement et indirectement sur plusieurs secteurs du commerce et contribue, pour ainsi, a la création des opportunités de travail. La vente des moutons entraîne généralement pour les fellahs, les éleveurs en particulier, un gain appréciable et leurs permet de réaliser un chiffre d’affaire non négligeable dans le monde rural. Cette fête a aussi un effet positif socialement, du fait, qu’elle permet le regroupement de tous les membres de la famille fêtant dans une ambiance animée cet événement qui est un rituel hautement sacré.
Autres avantages de l’Aid Al Adha étant aussi la valeur spirituelle qu’il possède au niveau de la cohésion et de la solidarité sociale. Quant aux inconvénients par contre de cette fête religieuse, on retiendra en premier l’abattage de 4 millions de tête en une seule journée, ce qui constitue une perte énorme pour le cheptel dans notre pays. La reconstitution de ces troupeaux vendus et immolés exigera d’importants efforts et influera systématiquement sur l’offre durant les moins à venir.
Comme on notera d’autre part, d’autres inconvénients, et plus particulièrement le préjudice apporté le jour de la fête à la propreté et à l’hygiène de la plupart de nos rues.
La vigilance qui devait, en principe, être de mise n’est point observée sur ce plan, car nombreux sont les citoyens, peu civiques, qui respectent les règles les plus élémentaires de la propreté. Les uns se permettent de déposer n’importe où les restes des abats et viscères de moutons salissant et polluant l’environnement. D’autres trouvent le moyen de griller le têtes de moutons en pleine rues, se souciant peut de l’esthétique de leur ville et de sa propreté. Ceci sans exclure certains problèmes de santé qui sont occasionnés par la consommation abusive de la viande le jour de la fête ou des blessures pouvant survenir au moment de l’immolation.
Nous souhaitons que l’ambiance de la fête qui coïncide cette année avec la fin de l’année 2006 ne soit pas gâchée par ce genre de spectacle souvent désolant et cynique. Enfin, nous souhaitons à ce qu’une prise de conscience soit aussi observée par les citoyens à ce niveau et permettre a ce rituel d’être célébré dans un climat de véritable fête.
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